Les syndics bénévoles s’imposent

Posté le : 04/04/2016

La gestion « bénévole » ou « non professionnelle » d’une copropriété consiste à se passer des services d’un syndic professionnel et à laisser à un copropriétaire la charge de la gestion de la copropriété. Une pratique qui prend de l’ampleur ces dernières années, comme le dévoile une récente étude réalisée par l’ARC.
Alors qu’il y a dix ans, on estimait à environ 5 % le nombre de copropriétés gérées par des syndics bénévoles, l’INSEE l’estimait déjà à environ 11 % en 2012, soit autour de 55.000 copropriétés en France. En 2015, le nombre de copropriétés gérées « bénévolement » atteint les 15 %. L’enjeu d’accompagnement, d’information, et de formation de ces non professionnels, qui prennent la gestion de leur immeuble, est donc loin d’être négligeable. Comme le souligne l’enquête, plusieurs raisons expliquent ce phénomène. En premier lieu, on peut relever le coût des honoraires des syndics professionnels de plus en plus important et parfois dissuasif pour les plus petites copropriétés, corrélé bien souvent, à un manque flagrant d’investissement de et réactivité de la part des syndics professionnels sur ces « petits immeubles », peu rentables pour eux.
À cela, ajoutons l'augmentation constante des charges de copropriété qui incite les copropriétaires à s’impliquer plus avant dans le suivi de la gestion de leur copropriété. Les actions sur la maîtrise des charges menées par les syndics professionnels apportant rarement satisfaction, les copropriétaires sont amenés à prendre en main une partie de cette gestion eux-mêmes (remise en concurrence des contrats, contrôle des principaux postes de charges pour agir sur les consommations d’eau et de chauffage par exemple, suivi de l’efficacité des procédures contentieuses, etc.). Nombreux sont nos adhérents qui - après des années à essayer d’obtenir des actions du syndic en tant que membres du conseil syndical - ont finalement préféré s’investir pour prendre en main eux-mêmes la gestion de leur copropriété.
Les résultats de l’enquête menée en 2015 marquent également une augmentation nette des petites copropriétés « désorganisées » (sans syndic, sans assemblées générales) souhaitant adopter la gestion bénévole pour remettre en place un fonctionnement légal. La loi MACRON (6 août 2015) a en effet facilité la remise en place d’un syndic dans les copropriétés, qui en sont dépourvues, en permettant à tout copropriétaire de convoquer une assemblée générale appelée à désigner un syndic (bénévole ou professionnel).